Biographie du Cheikh Muhammed Ibn Salih Al Utheymin

Origine et naissance

Son Éminence le Cheikh, l’érudit vérificateur, le juriste, l’exégète, le pieux ascète : Muḥammad ibn Ṣāliḥ ibn Muḥammad ibn Sulaymān ibn ʿAbd ar-Raḥmān Āl ʿUthaymīn, issu des al-Wahbah, de la tribu des Banū Tamīm.
Il naquit dans la nuit du 27 Ramadan 1347 H (1929) à ʿUnayza, l’une des provinces d’al-Qaṣīm en Arabie Saoudite.


Formation scientifique

Son père – qu’Allah lui fasse miséricorde – l’inscrivit pour apprendre le Qur’an auprès de son grand-père maternel, le maître en la matière ʿAbd ar-Raḥmān ibn Sulaymān ad-Dāmigh – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Il apprit ensuite l’écriture, quelques bases de calcul et des textes littéraires auprès du professeur ʿAbd al-ʿAziz ibn Sālih ad-Dāmigh – qu’Allah lui fasse miséricorde.

Puis il rejoignit l’école du maître du Coran ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ash-Shahitān – qu’Allah lui fasse miséricorde –, auprès duquel il mémorisa le Coran par cœur, alors qu’il n’avait pas encore atteint quatorze ans.

Sur l’orientation de son père, il s’adonna à la quête du savoir religieux. À cette époque, le Cheikh ʿAbd ar-Raḥmān ibn Nāsir as-Saʿdi – qu’Allah lui fasse miséricorde – enseignait les sciences islamiques et arabes dans la grande mosquée de ʿUnayza. Il avait confié à deux de ses étudiants avancés l’enseignement des débutants.

Le Cheikh rejoignit donc le cercle de Muhammad ibn ʿAbd al-ʿAziz al-Mutawwaʿ – qu’Allah lui fasse miséricorde –, où il acquit des bases solides en tawḥīd, fiqh et grammaire.

Il assista ensuite directement aux cours de son maître as-Saʿdī, auprès duquel il étudia le tafsīr, le ḥadīth, la sīra, le tawḥīd, le fiqh, les fondements du droit, les règles successorales et la grammaire. Il mémorisa également des abrégés dans ces disciplines.

Son maître as-Saʿdī fut son principal professeur, dont il reçut le savoir et la méthode, et dont il adopta le cheminement, l’ancrage méthodologique et le recours constant aux preuves scripturaires.

Il étudia aussi les règles de l’héritage auprès du juge ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAlī ibn ʿUdayn – qu’Allah lui fasse miséricorde –, et la grammaire et la rhétorique auprès du Cheikh ʿAbd ar-Razzāq ʿAfīfī – qu’Allah lui fasse miséricorde – durant son séjour à ʿUnayza.

Lorsque l’Institut scientifique de Riyad ouvrit, certains de ses proches l’encouragèrent à y entrer. Après avoir demandé la permission à son maître as-Saʿdī, il y étudia durant les années 1372-1373 H.

Il y bénéficia des enseignements de grands savants tels que :

  • le grand exégète Muḥammad al-Amīn ash-Shanqīṭī,

  • le juriste ʿAbd al-ʿAzīz ibn Nāṣir ibn Rashīd,

  • le muḥaddith ʿAbd ar-Raḥmān al-Ifriqī – qu’Allah leur fasse miséricorde.

Il se lia aussi à Cheikh ʿAbd al-ʿAzīz ibn Bāz – qu’Allah lui fasse miséricorde –, auprès duquel il lut au masjid des passages du Ṣaḥīḥ al-Bukhārī et des épîtres d’Ibn Taymiyya. De lui, il profita particulièrement en science du ḥadīth et dans la comparaison entre les avis des écoles juridiques. Cheikh Ibn Bāz devint son second grand maître.

En 1374 H, il retourna à ʿUnayza, reprit ses études auprès d’as-Saʿdī et poursuivit en parallèle ses cours par correspondance à la Faculté de Sharīʿa de Riyad (aujourd’hui intégrée à l’Université Imām Muḥammad ibn Saʿūd), jusqu’à l’obtention du diplôme supérieur.


Son enseignement

Son maître as-Saʿdī – qu’Allah lui fasse miséricorde – remarqua rapidement sa vivacité et sa capacité d’assimilation. Il l’encouragea à enseigner alors qu’il était encore son élève. Ainsi, il commença à enseigner dès 1370 H dans la grande mosquée de ʿUnayza.

Après sa formation à l’Institut de Riyad, il fut nommé enseignant à l’Institut scientifique de ʿUnayza en 1374 H.

À la mort de son maître as-Saʿdī en 1376 H, il devint imam de la grande mosquée de ʿUnayza, ainsi qu’enseignant à la bibliothèque publique de la ville, fondée par as-Saʿdī en 1359 H.

Lorsque le nombre d’étudiants augmenta, la bibliothèque ne suffit plus. Le Cheikh commença alors à enseigner directement dans la mosquée. Des centaines d’étudiants, venant d’Arabie et d’ailleurs, se réunissaient autour de lui pour étudier avec sérieux et assiduité.

Il demeura imam, khatīb et enseignant jusqu’à sa mort – qu’Allah lui fasse miséricorde.

Il enseigna à l’Institut scientifique jusqu’en 1398 H, puis intégra la Faculté de Sharīʿa et Oussoul ad-Dīn à al-Qassim, dépendant de l’Université Imām Muḥammad ibn Saʿūd, où il resta professeur jusqu’à son décès.

À partir de 1402 H, il donna également des cours au Masjid al-Ḥarām et au Masjid an-Nabawī, notamment pendant le ḥajj, le Ramadan et les vacances d’été.

Son style d’enseignement se distinguait par la clarté, la discussion, l’accueil des questions, l’enthousiasme et la sincérité dans la transmission du savoir.


Ses contributions scientifiques

Pendant plus de cinquante années, le Cheikh consacra sa vie à l’enseignement, la prédication, l’orientation et les fatwas.

Il écrivit de nombreux ouvrages et traités, publia des réponses et des fatwas caractérisées par une solide méthodologie scientifique.
On recense des dizaines de ses livres, conférences, sermons, articles et rencontres, ainsi que des milliers d’heures d’enregistrements audio : exégèse du Coran, explications de ḥadīths, sīra prophétique, fiqh et grammaire.

Conformément à ses instructions, la Fondation Cheikh Muḥammad ibn Ṣāliḥ al-ʿUthaymīn fut créée pour rassembler, éditer et diffuser son héritage scientifique.
Un site internet officiel fut également lancé pour mettre ses écrits et ses enregistrements à la disposition du public.


Ses autres activités et fonctions

En plus de son rôle d’enseignant, d’imam, de prédicateur et de mufti, le Cheikh assuma de nombreuses responsabilités :

  • Membre du Conseil des grands savants (de 1407 H jusqu’à son décès).

  • Membre du Conseil scientifique de l’Université Imām Muḥammad ibn Saʿūd (1398-1400 H).

  • Président du département de croyance à la Faculté de Sharīʿa et Oussoul ad-Dīn d’al-Qassim.

  • Participation à la commission des programmes scolaires des instituts scientifiques.

  • Membre de la Commission de sensibilisation religieuse pendant le ḥajj (1392 H jusqu’à sa mort).

  • Président de la Société de mémorisation du Coran à ʿUnayza (depuis 1405 H).

  • Donneur de conférences à travers le royaume et même à l’étranger par téléphone.

  • Répondant aux questions des croyants par écrit, oral et à travers la célèbre émission radio “Nūr ʿalā ad-Darb”.

  • Participation à de nombreux congrès islamiques.

  • Conseiller, rédacteur de contrats, soutien aux nécessiteux et accompagnateur bienveillant de ses étudiants.


Sa place scientifique

Le Cheikh était considéré comme un érudit enraciné, doté d’une maîtrise exceptionnelle des preuves scripturaires, de la jurisprudence et de la langue arabe.
Il alliait science et pratique, ce qui lui valut l’amour et l’estime des musulmans. Ses avis et choix juridiques furent largement acceptés.

En reconnaissance de son œuvre, il reçut le Prix international Roi Fayṣal pour le service de l’Islam en 1414 H (1994).
Le comité justifia son choix par :

  1. Ses nobles qualités : piété, sincérité, courage dans la vérité, conseil aux musulmans.

  2. La grande diffusion de son savoir par l’enseignement, les fatwas et les écrits.

  3. Ses conférences profitables dans tout le royaume.

  4. Sa participation active à de nombreux congrès islamiques.

  5. Son style exemplaire dans la prédication, suivant la voie des pieux prédécesseurs.


Sa famille et son décès

Il laissa cinq fils – ʿAbd Allāh, ʿAbd ar-Raḥmān, Ibrāhīm, ʿAbd al-ʿAzīz et ʿAbd ar-Raḥīm – ainsi que trois filles.

Il décéda à Jeddah, peu avant le Maghrib, le 15 Shawwāl 1421 H (2001).
La prière funéraire fut célébrée le lendemain au Masjid al-Ḥarām, suivie d’une immense procession jusqu’à sa sépulture au cimetière al-ʿAdl à La Mecque.
Le vendredi suivant, la prière funéraire par procuration fut accomplie dans toutes les villes du royaume.

Qu’Allah couvre notre Cheikh de Sa miséricorde, l’élève parmi les pieux, lui accorde Son pardon et Sa satisfaction, et le récompense pour tout le bien qu’il a offert à l’Islam et aux musulmans.